A.
REMARQUES PRELIMINAIRES
(Extraits
adaptés des livres d'Alice A. Bailey De l'Intellect
à l'Intuition et La Lumière de l'Ame)
L'actuel
intérêt grandissant envers la Méditation est
l'évidence même de l'expression d'un besoin mondial
qui demande une compréhension claire et appropriée.
Là où l'on rencontre un courant général,
focalisé dans la continuité sur un objectif, il
est possible de supposer qu'il en résultera ce dont la
race humaine a besoin dans sa marche en avant.
Que
la méditation soit considérée par ceux qui
en donnent une définition grossière comme un « mode
de prière », est malheureusement vrai. Mais
il est possible de montrer qu'avec une compréhension approfondie
du processus de méditation, et selon une adaptation mieux
appropriée à notre utilisation moderne, la solution
peut émerger pour sortir de l'impasse actuelle siégeant
au sein de l'éducation, ainsi que la méthode grâce
à laquelle le fait de l'âme se découvrira
comme certitude pour tous - ce quelque chose de vivant que nous
nommons « Ame », faute de trouver un terme
plus juste.
Tout
au long des siècles, l'on peut noter une progression continue
dans le cours de l'évolution de la conscience humaine et
une croissance constante en ce qui concerne la sensibilité
éveillée de la nature, du monde dans lequel nous
vivons, ainsi qu'une compréhension plus grande de la portée
de la notion de Globalité puisque maintenant, le monde
entier est accordé par la radio, le téléphone
et la télévision. L'Homme est omniprésent
et la pensée est le facteur principal de l'émergence
de ce miracle devenu apparent.
« Nous
avons acquis une compréhension des lois qui gouvernent
le monde de la nature et de quelques-unes de celles qui régissent
le monde psychique. Restent à découvrir et à
utiliser scientifiquement les lois du monde appelé spirituel.
Elles sont connues d'un petit nombre d'êtres qui en ont
parlé à l'humanité ; mais elles ne sont
utilisées que par les pionniers de la race. Au nombre des
connaisseurs éminents se trouvent Bouddha, le Christ, Platon,
Aristote, Pythagore, Eeckhart, Jacob Boehme, Spinoza - la liste
est longue.
«Actuellement,
nous commençons à nous demander s'il ne se pourrait
pas que des centaines d'êtres en fussent au point de pouvoir
coordonner leur cerveau, leur intellect et leur âme et,
ce faisant, franchir le portail de la perception mentale et pénétrer
dans le royaume des causes. Les connaisseurs nous disent que nous
le pouvons et ils nous en indiquent le moyen.»
De
L'Intellect à L'Intuition , p. 115

B.
QUELQUES QUESTIONS PERTINENTES
Quels
sont les objectifs de la méditation ?
L'objet
de la méditation est donc de rendre l'homme capable de
manifester extérieurement ce qu'il est dans sa réalité
intérieure, et de le faire s'identifier avec son aspect
âme et non simplement avec les caractéristiques inférieures
de la personnalité.
Par
la méditation.... les pouvoirs de l'âme sont développés.
Chacun des véhicules à travers lesquels l'âme
s'exprime (sur les plans physique, émotionnel et mental)
possède à l'état latent, certaines forces
latentes, mais l'âme, qui est leur source à toutes,
les possède sous leur forme la plus pure, la plus sublimée...
Les
pouvoirs de l'âme se développent normalement et naturellement.
Ceci non point parce qu'ils sont désirés ou consciemment
développés, mais parce que, en même temps
que le Dieu intérieur assume le contrôle de ses corps
et les domine, ses pouvoirs apparaissent sur le plan physique
et les forces potentielles se manifestent alors en tant que réalités
connues.
La
méditation nécessite une préparation très
sévère - ce fait est corroboré par le témoignage
des mystiques et des initiés de tous les temps. Le fait
que d'autres aient atteint le but peut nous encourager, nous intéresser,
rien de plus, à moins que nous-mêmes n'entrions en
action, définitivement.
Ceci
implique le développement du mental en une synthèse,
et gouverne son emploi par rapport au monde de la vie terrestre,
des émotions et de la pensée. Cela comporte aussi
son orientation à volonté vers le monde de l'âme
et sa capacité d'agir comme intermédiaire entre
l'âme et le cerveau physique.
La
première relation est développée et entretenue
par une solide méthode d'éducation exotérique ;
la seconde est rendue possible par la méditation, forme
supérieure de l'éducation.
Idem,
pp. 57/60
Est-ce
que quiconque, qui le désire, peut tirer profit de la technique
de la méditation et en acquérir la maîtrise
?
....
Il faut se rappeler, dès le début, que le désir
même de méditer peut être pris comme un appel
de l'âme, indiquant la voie de la Connaissance. Nul ne doit
se décourager s'il se trouve déficient sur certains
points essentiels. Nous sommes, pour la plupart, plus avancés,
plus sages et mieux équipés que nous ne le croyons.
Nous pouvons immédiatement commencer à nous concentrer,
si nous le décidons.
Nous
possédons un savoir, des capacités et une force
mentale qui ne sont jamais passés de la subconscience à
l'utilité objective .... Ceux qui ont observé
les effets de la méditation sur un débutant, confirmeront
l'exactitude de cette remarque.
Les
résultats de la première étape de la méditation,
c'est-à-dire de la concentration, sont surprenants. Les
gens se « trouvent », il se « découvrent »
des dons insoupçonnés, une compréhension
jamais employée auparavant ; ils prennent conscience
même du monde phénoménal, à un degré
pour eux miraculeux ; ils constatent soudain l'existence
de l'intellect et la possibilité d'en faire usage ;
la distinction entre le connaisseur et l'instrument de la connaissance
leur devient de plus en plus évidente.
En
même temps, ils se sentent dépouillés. Les
anciens et vagues états de félicité et de
paix, que leur procuraient la prière mystique et la méditation,
disparaissent, et, temporairement, ils éprouvent une aridité,
un dénuement des plus déprimants. Ceci provient
de ce que l'attention est détournée des choses sensibles,
si belles soient-elles.
Les
choses que l'intellect connaît et dont il peut garder le
souvenir, ne sont pas encore enregistrées ; l'appareil
sensoriel n'affecte plus la conscience comme à l'ordinaire :
c'est une période de transition, il faut la supporterjusqu'au
moment où le monde nouveau commencera à impressionner
l'aspirant. C'est la raison pour laquelle la persévérance
est essentielle, particulièrement au début de la
pratique de la méditation.
L'un
des premiers effets de cette pratique est d'accroître la
valeur de l'aspirant, dans la vie quotidienne, soit à la
maison, soit au bureau ou dans tout autre domaine de l'activité
humaine. L'application mentale, dans les choses de l'existence,
est, en soi, un exercice de concentration et amène de notables
résultats. Qu'un homme parvienne ou non à l'illumination
finale, par l'exercice de la concentration et de la méditation,
il n'en aura pas moins beaucoup appris et grandement enrichi sa
vie ; sa valeur, sa puissance en seront énormément
accrues et sa sphère d'influence étendue.
Celui
qui n'est pas simplement émotif, qui a reçu une
bonne éducation et qui consent à travailler avec
persévérance, celui-là peut aborder avec
courage l'étude de la méditation. Il peut commencer
à organiser sa vie en sorte qu'il fasse les premiers pas
sur le chemin de l'illumination . Cette organisation est
une des étapes les plus difficiles. Il est bon de se rappeler
que tous les débuts sont pénibles, car nous avons
à modifier les habitudes et les rythmes de toute une existence.
Ceci accompli, le travail devient plus facile.
En
conséquence, la réponse à notre question
est la suivante :
Premièrement
: Nous acceptons l'hypothèse de l'existence de l'âme
et croyons que cette âme peut être connue de l'homme
qui sait éduquer et contrôler son intellect.
Deuxièmement
: Sur la base de cette hypothèse, nous commençons
à coordonner les trois aspects de la nature inférieure
et à unifier l'intellect, l'émotivité et
le corps physique en un tout inclusif et organisé. Nous
y parvenons par la pratique de la concentration.
Troisièmement
: A mesure que la concentration se fond en la méditation
(qui est un acte de concentration prolongé), l'imposition
à l'intellect, de la volonté de l'âme, commence
à se faire sentir. Peu à peu, l'âme, l'intellect
et le cerveau sont mis en rapport étroit. D'abord, l'intellect
contrôle le cerveau et la nature émotive. Puis l'âme
contrôle l'intellect. Le premier de ces résultats
est dû à la concentration ; le second, à
la méditation.
De
cette suite d'activités, l'investigateur intéressé
concluera qu'il y a un travail à accomplir et il comprendra
que la première des qualités nécessaires
est la persévérance... L'organisation de notre vie
mentale, en tout temps et en tout lieu, et, secondement, la pratique
de la concentration régulière, chaque jour, si possible
à la même heure, nous procurent l'orientation nécessaire
et ces deux éléments réunis nous garantissent
le succès.
Idem,
pp. 127/32
Est-il
nécessaire de se retirer dans la solitude afin d'évoquer
l'âme ?
Pour
la plupart d'entre nous il ne peut être question de paix
et de tranquillité au milieu de la multitude ... la
solution est dans la compréhension exacte de notre problème
et dans le privilège qui nous est conféré
de manifester un nouvel aspect de la vieille vérité.
Dans
le vieil Orient, quelques pionniers aventureux ont recherché
la solitude, ils y ont déterminé pour nous les conditions
et ont sauvegardé les règles. Ils tinrent la technique
en sûreté jusqu'à ce que les hommes fussent
prêts en masse et non plus par unités.
Ce
temps est maintenant venu. Dans la tension... de la vie moderne...
des hommes et des femmes découvrent le centre de paix qui
est en eux et parviennent à l'état de concentration
positive et silencieuse qui leur permet de parvenir au but, et
d'atteindre à la connaissance d'eux-mêmes ;
l'endroit silencieux où nous prenons contact avec la vie
de l'âme est le point à l'intérieur de la
tête, là où se rencontrent l'âme et
le corps... Celui qui s'entraîne en vue d'une concentration
suffisante est à même, à n'importe quel moment
et à n'importe quel endroit, de retirer ses pensées
dans un centre intérieur, le centre de la tête, dans
lequel se poursuit le grand travail de l'Union.
Idem,
pp. 133/34.
La
véritable concentration découle d'une vie de pensée
gouvernée, et, pour l'aspirant, le premier pas consiste
à organiser sa vie quotidienne, à régler
ses activités, toutes ses énergies concentrées
sur un point : sa manière de vivre. Ceci est possible
pour qui le but importe au point de faire l'effort nécessaire
et de le maintenir sans fléchir.
Lorsque
nous pouvons réorganiser notre vie, nous prouvons notre
courage et la force de notre désir. .. Aucun aspirant ne
pourra donc négliger un devoir. Ses devoirs envers sa famille
et ses amis, son travail, seront mieux accomplis, sa profession
plus parfaitement remplie.
Idem,
p. 132

C.
LES MECANISMES DU PROCESSUS DE MEDITATION
L'hypothèse,
sur laquelle s'appuient les théories reprises dans cette
publication, peut se définir par les propositions suivantes :
I.
Le centre d'énergie par lequel l'âme agit est dans
la partie supérieure du cerveau. Au cours de la méditation,
si elle est effective, l'énergie de l'âme imprègne
le cerveau et influe sur le système nerveux. Mais, si l'intellect
n'est pas contrôlé et que la nature émotive
prédomine (ce qui est le cas pour un pur mystique),les
effets se font sentir particulièrement dans l'appareil
du sentiment, régissant les états émotifs
de l'être. Lorsque l'intellect est le facteur dominant,
l'appareil de la pensée, dans le cerveau supérieur,
entre en activité organisée.
II.
Dans la région du corps pituitaire, nous avons le siège
des facultés inférieures, lorsqu'elles sont coordonnées
dans le type humain supérieur. C'est là, comme l'indiquent
certaines écoles de psychologie et d'endocrinologie, que
se trouvent les émotions et les aspects concrets de l'intellect
(nés des habitudes de la race et de ses instincts héréditaires
et, par suite, ne nécessitant pas l'exercice de l'intelligence
créatrice supérieure).
III.
Lorsque la personnalité, somme totale des états
mentaux, émotifs et physiques, est d'ordre élevé,
le corps pituitaire fonctionne avec une efficacité accrue
et la vibration du centre d'énergie situé dans le
voisinage devient extrêmement puissante. Il est à
noter d'après cette théorie, que, si la personnalité
est d'un type inférieur, ses réactions sont surtout
instinctives, et l'intellect n'est que peu ou pas actif ;
le centre d'énergie se trouve alors dans la région
du plexus solaire et la nature de l'homme est surtout animale.
IV.
Le centre dans la région de la glande pinéale et
le cerveau supérieur entrent en activité par suite
de l'habitude prise de concentrer dans la tête la conscience
attentive.....
Les
diverses avenues de la perception sensorielle sont en repos. La
conscience de l'homme réel ne se tourne plus vers l'extérieur.
Les cinq sens sont dominés par un sixième, l'intellect,
et la conscience et les facultés perceptives de l'aspirant
sont synthétisées dans la tête et sont tournées
vers l'intérieur, et vers le haut. Ainsi, la nature psychique
est subjuguée, et le plan mental devient le champ où
s'exerce l'activité de l'homme. Ce processus de retrait
ou d'abstraction comporte des étapes :
1.
Retrait de la conscience physique ou de la perception par l'ouïe,
le toucher, la vue, le goût et l'odorat. Ces modes de perception
sont momentanément suspendus ; l'homme ne perçoit
plus que mentalement et la conscience cérébrale
est la seule chose qui soit active sur le plan physique.
2.
Retrait de la conscience dans la région de la glande pinéale,
de telle sorte que la compréhension de l'homme est centralisée
en un point situé entre le milieu du front et la glande
pinéale.
V.
Cela étant accompli et l'aspirant ayant acquis la possibilité
de se concentrer dans la tête, le résultat de ce
processus d'abstraction est le suivant :
-
les cinq sens se trouvent synthétisés par un sixième
sens, l'intellect, facteur de coordination. Plus tard, on comprend
que l'âme a une fonction analogue. La triple personnalité
se trouve ainsi en communication directe avec l'âme. Par
conséquent, avec le temps, l'homme perd la conscience des
limitations de la nature corporelle et le cerveau peut être
impressionné directement par l'âme, par l'intermédiaire
de l'intellect. La conscience cérébrale est maintenue
dans une condition d'attente positive, toutes ses réactions
au monde phénoménal étant totalement, bien
que temporairement, suspendues.
VI.
La personnalité hautement développée intellectuellement,
dont toute l'attention est concentrée dans la région
du corps pituitaire, commence à vibrer en harmonie avec
le centre supérieur dans le voisinage de la glande pinéale.
Un champ magnétique s'établit alors entre l'aspect
positif de l'âme et la personnalité rendue réceptive
par l'exercice de la concentration. Alors, éclate la Lumière,
nous dit-on, et nous nous trouvons en présence de l'homme
illuminé, objet du phénomène dont nous avons
parlé plus haut : l'apparition de la lumière
dans la tête.
Tout
ceci résulte d'une vie disciplinée et de la concentration
de la conscience dans la tête, laquelle est obtenue par
les efforts journaliers, et par des exercices de concentration
définis. La méditation succède à ces
exercices et, plus tard, beaucoup plus tard, le pouvoir de contempler
est acquis. Ce n'est là qu'un bref exposé, nécessairement
incomplet, du mécanisme de ce processus. Ces idées,
cependant, devront être acceptées avant qu'une pratique
intelligente de la méditation puisse commencer.
Notre
hypothèse formulée et temporairement acceptée,
nous poursuivons notre travail jusqu'à preuve d'erreur
ou jusqu'au moment où notre attention fléchit. Une
hypothèse n'est pas nécessairement fausse parce
qu'elle n'est pas prouvée dans le temps que nous jugeons
convenable. Fréquemment, des gens renoncent à poursuivre
leurs recherches dans ce domaine de la connaissance, par manque
de persévérance ou parce que leur intérêt
est engagé ailleurs.
Cependant,
nous sommes résolus à marcher de l'avant, donnant
aux anciennes techniques le temps de faire leurs preuves. Nous
commençons par satisfaire aux premières exigences
et par apporter dans la vie une attitude mentale plus concentrée ;
nous pratiquons la méditation et la concentration.
Si
nous sommes des débutants, ou si nous sommes possédés
par un intellect inorganisé, fluide, versatile, instable,
nous commencerons à pratiquer la concentration. Si nous
sommes des intellects entraînés, si nous possédons
l'attention concentrée que la pratique des affaires développe,
il nous suffira de réorienter notre intellect vers un nouveau
champ de connaissance et de méditer. Il est facile d'enseigner
la méditation à des hommes d'affaires.
De
l'Intellect à l'Intuition, pp.135/37

D.
QUELQUES SUGGESTIONS PRELIMINAIRES
Trouver
le temps
Il
est bon de réserver un certain temps, chaque jour, au travail
de méditation. Au début, quinze minutes suffiront ;
il est recommandé de ne rien tenter de plus pendant une
année, au moins. Si, au cours des mille quatre cent quarante
minutes qui composent une journée, un élève
se déclare incapable de trouver les quinze minutes nécessaires,
ne pourrait-on considérer que cet élève n'est
pas intéressé ?
Tout
d'abord, nous tâcherons de trouver le temps de méditation
chaque matin de bonne heure. Il y a une raison à cela ;
lorsque nous avons participé aux événements
de la journée, aux relations d'individu à individu,
l'intellect est dans un état de vibration violent ;
ceci n'est pas le cas, lorsque nous commençons notre journée
par la méditation. L'intellect jouit encore d'une tranquillité
relative et peut s'adapter plus rapidement aux états de
conscience supérieurs.
De
plus, si nous commençons notre journée en concentrant
notre attention sur les choses spirituelles, nous vivrons cette
journée d'une manière différente. Lorsque
cela devient une habitude, nous découvrons que nos réactions
changent et que nous commençons à penser selon notre
âme. Cela confirme la loi suivant laquelle un homme est
à l'image de ce qu'il pense.
Trouver
l'endroit pour méditer
Ensuite,
nous nous retirerons dans un endroit tranquille, à l'abri
de toute intrusion. Par tranquille, je ne veux pas dire :
sans bruit, car le monde est rempli de sons, mais un lieu où
nous puissions nous isoler d'autrui.
Il
est une attitude que le débutant devrait prendre :
celle de garder le silence. Les débutants parlent beaucoup
de l'opposition qu'ils rencontrent dans leur famille et de la
part de leurs amis. Dans la majorité des cas, la faute
en est à l'aspirant lui-même. Les gens parlent trop.
Ce que nous faisons de nos quinze minutes ne regarde personne
et il n'est pas nécessaire d'en parler à notre famille,
nous n'avons pas à en discuter ni à contraindre
les autres au silence parce que nous méditons.
S'il
nous est impossible de trouver le temps de nous recueillir avant
la dispersion de la famille ou avant de nous rendre à nos
affaires, prenons le temps plus tard, dans la journée.
Il y a toujours un moyen de vaincre la difficulté, si nous
le voulons assez fortement, et un moyen qui n'implique l'omission
d'aucun devoir, d'aucune obligation et il est toujours possible
de trouver quinze minutes de bonne heure le matin.
De
l'Intellect à l'Intuition, pp. 138/139

E.
LA PRATIQUE DE LA MEDITATION
Position
Ayant
trouvé le temps, le lieu, nous nous assiérons confortablement
et commencerons à méditer. Quelle est la meilleure
attitude ? Les jambes croisées ? Ou bien nous
agenouillerons-nous ? Resterons-nous assis ou debout ?
La position la plus agréable et normale est toujours la
meilleure.
L'attitude
comportant les jambes croisées a été, et
est encore très employée en Orient. Quelques-unes
de ces postures ont rapport au système nerveux et à
cette structure interne de nerfs ténus, que les Hindous
appellent nadis, et qui double le système nerveux tel qu'il
est connu en Occident.
Le
danger de ces postures, c'est qu'elles aboutissent à deux
réactions indésirables ; elles conduisent l'homme
à concentrer son intellect sur le mécanisme du procédé
et non sur son but, et, secondement, elles conduisent à
un sens délicieux de la supériorité qui repose
sur le fait que l'on entreprend de faire quelque chose d'exceptionnel,
ignoré de la majorité et qui nous place à
part, en qualité de « connaisseurs »
puissants. Nous nous laissons absorber par la forme de la méditation
et non par Celui qui a créé la forme ; nous
nous occupons du non-soi au lieu du Soi.
Choisissons
la position qui nous permettra d'oublier le plus facilement que
nous avons un corps. Pour l'Occidental, c'est probablement la
position assise ; la condition essentielle est que nous nous
tenions droits, l'épine dorsale formant une ligne droite ;
que nous nous détendions sans nous affaisser, afin qu'il
n'y ait aucune partie de notre corps dans un état de tension ;
tenons notre menton légèrement abaissé, pour
diminuer la tension de la partie postérieure du cou. La
méditation est un acte intérieur ; il ne peut
être accompli avec succès que si le corps est détendu,
bien en équilibre, et puis oublié.
Respiration
Ayant
réalisé les conditions de confort physique et de
détente, et nous étant abstraits de la conscience
corporelle, nous noterons notre respiration et veillerons à
ce qu'elle soit calme, régulière et rythmique.
Un
avertissement doit être donné ici en ce qui concerne
la pratique des exercices respiratoires par d'autres que par les
aspirants s'étant adonnés à la méditation
durant de longues années et ayant purifié leur nature
inférieure. Dans le vieil enseignement de l'Asie, le contrôle
du souffle demeurait interdit, tant que les trois « moyens
d'union », comme on les appelle, n'étaient pas
réalisés jusqu'à un point dans la vie courante
et à condition de se conformer aux instructions appropriées.
La
pratique d'exercices respiratoires n'a rien à voir avec
le développement spirituel. Elle intéresse seulement
et profondément le développement psychique et il
peut en résulter de nombreuses difficultés ainsi
que des dangers. C'est uniquement de temps à autre qu'un
maître, jadis, choisissait un homme pour cette forme d'éducation ;
cela s'ajoutait à un enseignement qui avait déjà
amené, dans une certaine mesure, un contact avec l'âme,
en sorte que celle-ci pouvait guider les énergies évoquées
par le souffle, en vue de certains résultats et pour le
service du monde.
Par
conséquent, nous veillerons simplement à ce que
notre souffle soit calme et régulier ; nous détournerons
notre pensée du corps et nous commencerons à nous
concentrer.
La visualisation et l'usage créatif de l'imagination
L'étape
suivante de la pratique de la méditation concerne l'utilisation
de l'imagination ; nous nous représentons l'homme
triple inférieur aligné, c'est-à-dire en
communication directe avec l'âme. Ceci peut être fait
de plusieurs manières ; c'est ce que nous appelons,
techniquement, le « travail de visualisation ».
Il semble que la visualisation, l'imagination et la volonté
soient trois facteurs puissants dans tous les processus créateurs.
Ils sont les causes subjectives d'un grand nombre de nos effets
objectifs.
Au
commencement, la visualisation est principalement une question
de foi expérimentale. Nous savons par le raisonnement qu'il
existe en tout objet manifesté, et au-delà de lui,
un Objet, ou Modèle idéal, qui cherche à
se manifester sur le plan physique. La pratique de la visualisation,
l'usage de l'imagination et l'exercice de la volonté, sont
les activités sur lesquelles on compte pour hâter
la manifestation de cet Idéal.
Quand
nous visualisons, nous employons la conception la plus haute de
ce que cet idéal puisse être, revêtu d'une
substance quelconque, en général mentale, faute
de pouvoir concevoir des formes supérieures en types de
substance avec lesquelles envelopper nos images.
Lorsque
nous construisons une représentation mentale, la substance
mentale de notre intellect génère un certain ordre
de vibrations qui attirent vers elles les éléments
correspondants de la substance mentale, dans laquelle l'intellect
est immergé. C'est par la volonté que cette image
persiste : c'est elle qui lui donne la vie. Le processus
se poursuit, que nous soyons ou non capables de le voir avec notre
œil mental. Peu importe, le travail créateur s'accomplit
néanmoins. Le temps viendra peut-être où nous
pourrons suivre le processus et nous acquitter consciemment du
travail.
Dans
cette entreprise, le débutant peut se représenter
les trois corps (les trois aspects de la nature inférieure)
comme reliés à un quatrième corps de lumière
radieuse, ou imaginer trois centres d'énergie vibrante,
stimulés par un autre centre plus élevé et
plus puissant ; ils peuvent aussi concevoir l'âme comme
un triangle de force auquel se rattache le triangle de la nature
inférieure, par l'intermédiaire de la « corde
d'argent » mentionnée dans la Bible, du Sutratma
ou « âme-fil » des Ecritures orientales,
ou de la « Ligne de vie » de certaines écoles
de pensée. Il en est, toutefois, qui préfèrent
conserver la pensée d'une personnalité unifiée,
reliée à la Divinité Immanente cachée
en eux, le Christ en nous, l'espérance de Gloire.
L'image
choisie est relativement sans importance, pourvu que nous partions
de l'idée première, du Soi cherchant à joindre
et à utiliser le non-soi, son instrument dans les mondes
de l'expression humaine et, vice versa, l'idée de ce non-soi
incite à se tourner vers la source de son être. Lorsque
ceci est accompli, nous pouvons continuer notre méditation.
Le corps physique et la nature du désir tombent au-dessous
du niveau de la conscience ; nous sommes concentrés
dans l'intellect et cherchons à le soumettre à notre
volonté.
La
concentration
Ici,
nous nous trouvons en présence d'un problème. L'intellect
refuse de se plier aux pensées que nous avons choisies ;
il vagabonde à travers le monde, en quête d'autres
matériaux. Nous pensons à ce que nous allons faire
aujourd'hui et non pas à notre « pensée-semence » ;
nous nous souvenons d'une personne à voir, ou de quelque
action nécessitant notre attention ; nous commençons
à penser à un être aimé, immédiatement
nous replongeons dans le monde des émotions et tout le
travail est à recommencer.
Nous
rassemblons nos pensées et repartons ; nous réussissons
pendant trente secondes, puis, nous nous rappelons un rendez-vous
ou autre chose, et nous voilà de retour dans le monde des
réactions mentales et notre ligne choisie est oubliée.
Rassemblant nos idées encore une fois, nous nous efforçons
de soumettre notre intellect indocile. Mais, avec de la pratique,
nous devenons capables de maintenir plus ou moins un certain degré
d'uniformité.
Comment
la chose est-elle possible ? En suivant un plan de méditation,
qui fixe automatiquement à notre intellect certaines limites :
« jusque-là et pas plus loin ». Dans
ce plan, traçons délibérément et avec
une attention intelligente les limites de notre activité
mentale, de manière à ce que nous soyions avertis
du moment où nous allons au-delà de ces limites.
Nous savons alors que nous devons nous retirer derrière
le mur que nous avons élevé pour notre perfection.
De
l'Intellect à l'Intuition, pp. 139/145

F.
SCHEMA DE MEDITATION
Pour
le développement de la concentration
Phases :
1°
Obtenir le confort et le contrôle du corps physique.
2°
Se rendre compte que la respiration est régulière
et rythmique.
3°
Se représenter le triple soi-inférieur (physique,
astral et mental) comme :
(a)
En contact avec l'âme.
(b)
Offrant un passage à l'énergie de l'âme, qui
parvient au cerveau pour l'intermédiaire de l'intellect.
4°
Se concentrer par un acte de volonté. Ceci comporte l'effort
de maintenir l'intellect immuablement fixé sur certains
mots, de manière à en comprendre clairement la signification,
sans nous laisser distraire par les mots eux-mêmes, ou par
le fait que nous nous efforçons de méditer.
5°
Dire ensuite avec concentration :
« Plus
radieux que le soleil, plus pur que la neige, plus subtil que
l'éther est le Soi, l'Esprit qui est en moi. Je suis ce
Soi. Ce Soi, je le suis ».
6°
Se concentrer sur la phrase : « O Dieu, tu me
vois ».
L'intellect ne doit pas faiblir dans l'examen de la signification,
de l'importance de ces mots, et de tout ce qu'ils impliquent.
7°
Mettre fin délibérément à ce travail
de concentration et dire, toujours en s'attachant aux idées
exprimées et pas aux paroles :
« Il
est une Paix qui dépasse toute compréhension ;
elle habite au cœur de ceux qui vivent dans l'Eternel. Il
est une Puissance qui renouvelle toute chose ; elle vit en
ceux qui connaissent l'unité du Soi ».
Ceci
est une méditation de débutant. Elle comporte plusieurs
centres d'attention, où un processus de redressement des
pensées et de rappel de la concentration sont employés.
Idem,
p.145/146
En
général, l'emploi de ce plan est nécessaire
pendant plusieurs années, à moins d'entraînement
antérieur ; et ceux-là même qui ont atteint
l'étape de la contemplation se mettent fréquemment
à l'épreuve en se servant d'un plan afin de s'assurer
qu'ils ne sont pas en train de retomber dans un état passif,
émotif et négatif.
Idem,
p. 145
Il
y a beaucoup d'autres esquisses de méditation aboutissant
aux mêmes résultats, et davantage encore à
l'usage des travailleurs plus avancés. Il y a des plans
de méditation qui sont tracés afin de produire certains
résultats spécifiques, chez certains individus.
Mais il est évident qu'ils ne peuvent être inclus
dans un article comme celui-ci. Seul un plan de méditation
sans danger peut être communiqué. Dans tous les cas,
cependant, la première chose dont il faille se souvenir,
c'est que l'intellect doit être occupé totalement
par la considération des idées, non par l'effort
qu'exige la concentration. Derrière chaque mot, derrière
chaque phrase, il doit y avoir la volonté de comprendre,
accompagnée d'une activité mentale intense et concentrée.
Au
sixième stade, dans l'effort accompli pour méditer
décisivement suivant une forme qui voile une vérité,
il ne devrait plus y avoir rien d'automatique dans le processus.
Il est très facile de se plonger dans un état hypnotique
par la répétition rythmique de certains mots. On
raconte que Tennyson suscitait dans sa conscience un état
transcendant, par la répétition de son propre nom.
Ceci n'est pas notre but. La transe ou condition automatique est
dangereuse. La voie sûre est celle de l'activité
mentale intense, dans les limites du domaine de la pensée-semence,
ou de l'objet de la méditation. Cette activité s'en
tient seulement aux pensées que les mots considérés
éveillent.
Pour
aider le débutant découragé par son inaptitude
à penser quand, et comme, il le voulait, Alice Bailey donne
le conseil suivant :
« Imaginez-vous
en train de formuler les notes d'après lesquelles vous
parlerez au cours d'une conférence sur le sujet de votre
méditation. Conduisez votre intellect d'étape en
étape et vous découvrirez que cinq minutes se sont
écoulées sans que votre attention ait fléchi,
tant votre intérêt aura été grand ».
La
méthode suggérée plus haut est un chemin
sûr pour le néophyte. Il en est d'autres qui s'offrent
à l'esprit de l'élève intelligent. Des mondes
de pensées s'ouvrent que l'intellect peut parcourir à
volonté (remarquez ces mots) pourvu qu'ils aient un rapport
avec la pensée-semence et soient en relation directe avec
l'idée choisie, sur laquelle nous cherchons à nous
concentrer. Il est évident que chaque personne suivra la
tendance de son intellect - artistique, scientifique ou philosophique
- qui constituera pour elle la ligne de moindre résistance.
Idem,
pp. 146/47

G.
LA METHODE DE MEDITATION « RAJA YOGA »
Suggestions
préliminaires pour ceux qui désirent aller au-delà
du stade des débutants.
Patanjali
fut un compilateur des enseignements qui, jusqu'à lui,
avaient été donnés oralement au cours de
plusieurs siècles. Il fut le premier à faire de
cette doctrine un enseignement écrit à l'usage des
étudiants ; c'est pourquoi il est considéré
comme le fondateur de l'école du Raja Yoga.
La
date de naissance de Patanjali n'est pas connue ; il existe
à ce sujet de nombreuses controverses. La plupart des autorités
de l'Occident situent cette date entre les années 820 et
300 avant Jésus-Christ, bien qu'une ou deux d'entre elles
fixent cette date après Jésus-Christ. Cependant,
les cercles autorisés de l'Inde que l'on peut supposer
connaître la question, préconisent une date très
antérieure, allant même jusqu'à 10.000 ans
avant Jésus-Christ.
Les
Yogas Sutras constituent l'enseignement de base de l'école
trans-himalayenne à laquelle appartient une grande partie
des Maîtres de la Sagesse. Beaucoup d'étudiants estiment
que la doctrine des Esséniens, ainsi que d'autres écoles
d'entraînement, étroitement en rapport avec le fondateur
du christianisme et les premiers chrétiens, se basent sur
le même système et que leurs instructeurs ont été
formés par la grande école trans-himalayenne.
La
Lumière de l'Ame, p. 15
Le
premier pas à faire en vue de ce développement est
la concentration, ou la faculté de garder le mental fermement
et inébranlablement fixé sur ce que l'aspirant choisit.
Ce premier pas est l'un des stades les plus difficiles du processus
de la méditation et il implique la faculté indéfectible
de ramener constamment le mental à « l'objet »
que l'aspirant a choisi pour objet de sa concentration. Les stades
mêmes de la concentration sont bien délimités
et peuvent être désignés comme suit :
1.
Le choix de « l'objet » sur lequel se concentrer.
2.
Le fait de retirer la conscience mentale de la périphérie
du corps, afin que les voies de la perception extérieure
et du contact (les cinq sens) soient réduites au calme
et que la conscience ne se dirige plus vers l'extérieur.
3.
La centralisation de la conscience et sa stabilisation dans la
tête en un point médian entre les sourcils.
4.
L'application du mental ou extrême attention accordée
à l'objet pour la concentration.
5.
La visualisation de cet objet, la perception imaginative de ce
qu'il est et le raisonnement logique s'y rapportant.
6.
Le fait d'étendre les concepts mentaux qui ont été
formés en les faisant passer du plan spécifique
ou particulier au plan général et universel, ou
cosmique.
7.
Une tentative pour arriver à ce qui gît à
l'arrière-plan de la forme considérée ou
d'atteindre l'idée qui est à l'origine de la forme.
Ce
processus élève graduellement la conscience et permet
à l'aspirant d'arriver à l'aspect vie de la manifestation,
à la place de l'aspect forme. Il commence néanmoins
par la forme ou « objet ». Les objets sur
lesquels se concentrer sont de quatre sortes :
1.
Les objets externes, tel qu'images de la divinité, peintures
ou formes faisant partie de la nature.
2.
Les objets internes, tel que les centres du corps éthérique.
3.
Les qualités, tels que les diverses vertus, dans l'intention
d'éveiller un désir pour ces vertus, et ainsi, de
les édifier au sein de la vie personnelle.
4.
Les concepts mentaux, ou les idées incorporant les idéaux
qui gisent à l'arrière-plan de toutes les formes
animées. Ils peuvent se présenter sous l'aspect
de symboles ou de mots.
C'est
cette conscience de la nécessité d'avoir des « objets »
de concentration qui a suscité le besoin d'images, de sculptures
sacrées et de peintures. Tous ces objets entraînent
la mise en jeu du mental inférieur concret, ce qui est
un stade préliminaire nécessaire ; leur usage
met le mental en état de soumission, de sorte que l'aspirant
peut le faire agir selon son choix.
Les
quatre types d'objets mentionnés ci-dessus dirigent graduellement
l'aspirant vers l'intérieur et le mettent à même
de transférer sa conscience, du plan physique dans le domaine
éthérique et de là dans le domaine du désir
et des émotions, et ainsi dans le monde des idées
et concepts mentaux.
Ce
processus, qui se poursuit dans le cerveau, amène l'homme
inférieur tout entier à un état d'attention
cohérente concentrée sur un seul point, toutes les
parties constituantes de sa nature étant dirigées
vers la réalisation de la fixité de l'attention...
Cette perception d'un objet, claire, tranquille et fixée
sur un point unique sans qu'aucun autre objet ne pénètre
dans la conscience, est d'une réalisation fort difficile,
et lorsque cela peut être accompli en l'espace de douze
secondes, la véritable concentration est réalisée.
La
méditation n'est que l'extension de la concentration et
naît de la faculté avec laquelle l'homme peut « fixer
le mental » à volonté sur quelque objet
particulier. Elle obéit aux mêmes règles et
conditions que la concentration et la seule différence
entre elles réside dans l'élément temps.
Idem,
pp. 209/212

H.
NECESSITE DES PRECAUTIONS DANS LA PRATIQUE DE LA MEDITATION
L'énergie
suit la pensée
La
loi fondamentale gouvernant tout travail de méditation
est celle que les voyants de l'Inde ont formulée il y a
des siècles : « L'énergie suit la
pensée ». L'énergie découle du
royaume des idées (ou de la connaissance de l'âme)...
elle filtre petit à petit à travers le dense intellect
des hommes et l'on peut faire remonter jusqu'à elle tous
les mouvements avancés du temps présent, toutes
les organisations pour le bien-être général
et l'amélioration du groupe, tous les concepts religieux
et toutes les connaissances extérieures des causes qui
produisent l'objectivité...
Nous
pouvons poser en principe que toute forme est la matérialisation
de la pensée de quelque penseur ou d'un groupe de penseurs,
qu'il s'agisse de la forme d'une machine à coudre, d'un
ordre social ou d'un système solaire. C'est une forme de
travail créateur... et tout le travail a été
rassemblé avec une énergie d'une espèce ou
d'une autre. L'élève s'adonnant à la méditation
devra, par conséquent, se rappeler qu'il travaille toujours
avec des énergies et que ces énergies variées
auront un effet défini sur les énergies dont il
est lui-même composé.
Il
est donc évident que l'homme cherchant à méditer
doit essayer de faire deux choses :
1.
Il doit apprendre à transmettre au mental ce qu'il a vu et
contacté, puis l'interpréter correctement. Ensuite,
il devra le communiquer, d'une manière adéquate,
au cerveau impressionnable et attentif.
2.
Il doit apprendre quelle est la nature des énergies avec
lesquelles il entre en contact et s'entraîner à les
utiliser correctement. Voici un exemple d'ordre général :
nous nous laissons entraîner par la colère ou l'irritation,
nous commençons instinctivement à élever
la voix. Pourquoi ? Parce que nous sommes la proie de notre
énergie émotive. En apprenant à contrôler
l'énergie de la parole, nous commençons à
nous rendre maîtres de ce type particulier d'énergie
émotive.
Les
points essentiels de la pratique de la méditation se résument,
pour nous, dans ces deux idées : l'interprétation
et la transmission exactes de l'énergie, puis l'utilisation
intelligente et correcte de cette énergie. Le problème
qui se présente à l'étudiant apparaît
aussi et l'on comprend pourquoi ceux qui enseignent la technique
de la méditation incitent leurs élèves à
procéder lentement et avec précaution.
De
l'Intellect à l'Intuition, pp.153/155
La
nécessité de discrimination
L'étudiant
doit apprendre à discriminer entre les champs de perception
qui s'ouvrent à lui et à connaître la nature
de ce qu'il voit et de ce qu'il entend, à mesure qu'il
devient plus sensitif. Considérons un moment quelques-uns
de ces phénomènes du mental inférieur, que
les élèves interprètent mal si constamment.
Ils
enregistrent, par exemple, une rencontre merveilleuse avec le
Christ ou toute autre Grande Ame qui leur est apparue, tandis
qu'ils méditaient, leur a souri et dit : « Réjouissez-vous,
vous faites des progrès ; vous êtes des travailleurs
choisis et la vérité vous sera révélée »,
ou quelque insanité de ce genre.... Qu'est-il arrivé
réellement ? L'étudiant a-t-il vu le Christ ?
Ici,
rappelons-nous la vérité « les pensées
sont des choses » et que « toute pensée
prend forme »... Le pouvoir de l'imagination créatrice
commence à peine à se faire sentir et il est tout
à fait possible de voir ce que nous désirons voir,
même si rien n'est là. Le désir de faire des
progrès et l'effort intense ont forcé l'éveil
de l'élève, sur le plan psychique, le plan des vaines
imaginations, du désir et des accomplissements...
Le
monde de l'illusion est rempli de telles formes, construites par
les pensées aimantes des hommes, au cours des âges,
et l'élève, travaillant dans le champ de sa propre
nature psychique (la ligne de moindre résistance pour la
majorité) entre en contact avec une forme-pensée
de ce genre, la prend pour une réalité, puis imagine
qu'elle lui a dit les choses qu'il désire entendre... Nous
sommes tous en danger d'être ainsi trompés, lorsque
nous commençons à méditer, si l'intellect
discriminateur ne veille pas, ou si nous avons une secrète
aspiration à la prééminence spirituelle,
ou si nous souffrons d'un complexe d'infériorité
qui a besoin d'être compensé.
Le
point que l'étudiant doit toujours avoir présent
à l'esprit, c'est que toute connaissance, toute instruction
sont communiqués à son intellect par sa propre âme.
C'est l'âme qui éclaire son chemin. Les Maîtres
de la Race travaillent à travers les âmes. Par conséquent,
le premier devoir de chaque élève est de se perfectionner
dans l'exercice de la méditation, du service et de la discipline
et non de chercher à rencontrer quelque Grande Ame. Cela
est moins intéressant mais préserve de l'illusion.
Qu'il veuille bien s'en contenter, car les résultats sublimes
auront soin d'eux-mêmes.
Une
apparition se présenterait-elle, qui lui serve des platitudes,
il agira à son endroit avec le même jugement sain
que dans les affaires ou les choses de la vie ordinaire. Si quelqu'un
se présentait à lui, disant : « Un
grand travail est entre vos mains... Nous voyons que ...
vous faites bien.... Nous savons que ... » etc...,
il éclaterait probablement de rire et continuerait sa besogne
du moment.
Idem,
pp. 155/58
Il
est possible de mentionner d'autres formes d'illusion, car, généralement,
le premier monde avec lequel l'aspirant entre en contact est le
monde psychique, domaine de l'illusion. Celui-ci a son utilité ;
y pénétrer est une expérience des plus précieuses,
pourvu que les règles de l'amour et de l'oubli de soi y
soient observées, que tout contact soit soumis à
l'intellect discriminateur et au pur et simple bon sens. Il est
utile d'enregistrer tout ce qui est vu et entendu, et puis de
tout oublier jusqu'au moment où nous commençons
à fonctionner dans le royaume de l'âme ; alors,
nous ne trouverons plus d'intérêt à nous en
souvenir.
Idem,
pp. 161/62
Les
écrits inspirés
Un
autre effet de la méditation, et qui prévaut en
ce temps, est le flot d'écrits, soi-disant inspirés,
qui surgissent de toutes parts... Ils émanent de différentes
sources intérieures ; ils indiquent une suave aspiration ;
ils ne disent rien de nouveau, mais ils répètent
des choses souvent dites auparavant ; ils sont remplis d'affirmations
et de citations qui les relient aux écrits mystiques ou
à l'enseignement chrétien. Ils peuvent contenir
des prophéties quant aux événements futurs
(généralement sinistres, terribles et rarement d'un
caractère heureux).
Comment
distinguer entre les écrits véritablement inspirés,
émanant du connaisseur et cette masse de littérature
inondant le public en ce moment ?
...
Tout écrit véritablement inspiré est totalement
dénué de références personnelles ;
il fera entendre une note d'amour ; il sera dégagé
des haines et des limitations raciales ; il communiquera
des enseignements définis et aura un ton d'autorité
en raison de son appel à l'intuition ; il répondra
à la loi de correspondance et s'insérera dans le
tableau du monde ; surtout, il portera l'empreinte de la
Sagesse Divine et conduira la race un peu plus loin.
Les
véritables serviteurs de l'humanité et ceux qui
sont entrés en contact avec le monde de l'âme, par
la méditation, n'ont pas de temps à perdre en platitudes...
peu leur importe la bonne opinion de quiconque, incarné
ou désincarné ; ils n'attendent d'approbation
que de leur âme et leur intérêt vital est dans
le travail de pionnier. Ils ne feront rien qui entretienne la
haine, la séparativité ou la peur. Ils aviveront
la flamme de l'amour, partout où ils iront ; ils enseigneront
la fraternité dans sa véritable inclusivité
et non pas un système de fraternité réservé
au petit nombre et laissant dehors tout le reste.
Ils
reconnaîtront tous les hommes comme des Fils de Dieu....
ils ne considéreront pas qu'une race soit meilleure qu'une
autre, mais reconnaissent le plan de l'évolution et le
travail que chaque race doit accomplir. Bref, ils s'emploieront
à construire le caractère des hommes et ne perdront
pas leur temps à démolir des personnalités
ou à s'occuper d'effets et de résultats. Ils travaillent
dans le monde des causes et ils énoncent des principes.
Idem,
pp. 158/161
Problèmes
de stimulation trop intense
Les
élèves se plaignent fréquemment d'une stimulation
intense et d'un accroissement d'énergie dont il ne savent
que faire. Ils nous disent qu'au cours de la méditation
ils sont tentés de pleurer, qu'ils sont agités ;
Ils ont des périodes d'activité excessive pendant
lesquelles ils vont, viennent, servant, parlant, écrivant,
travaillant... d'autres se plaignent de douleurs de tête,
de migraines succédant immédiatement à leur
méditation, ou encore d'une vibration gênante, dans
le front ou dans la gorge : ils ne peuvent plus dormir comme
auparavant.
Ils
sont en fait trop stimulés. Ce sont là des troubles
propres au néophyte ; il faut les traiter correctement
et ils disparaîtront rapidement, mais si on les ignore,
ils peuvent amener des complications sérieuses. A ce stade,
l'étudiant sincère et intéressé est
lui-même une difficulté, car il est si anxieux de
se rendre maître de la technique de la méditation
qu'il ignore les règles ... en dépit de ce que le
maître peut lui dire et des avertissements qu'il reçoit.
Au
lieu de s'en tenir à la formule des quinze minutes... il
médite trente minutes, au lieu d'employer le plan qui est
préparé de manière à se réaliser
en un quart d'heure environ, il s'efforce de maintenir la concentration
aussi longtemps que possible, oubliant qu'à ce stade de
son développement, il est en train d'apprendre à
se concentrer et non à méditer. Ainsi, il souffre
de dépression nerveuse ou d'insomnie ; son maître
en est rendu responsable et la science est considérée
comme dangereuse ; cependant, lui seul est blâmable.
Quand ces troubles préliminaires se produisent, le travail
doit être arrêté temporairement ou ralenti.
Chez
les types mentaux , ou dans le cas de ceux qui ont déjà
quelque facilité à « concentrer la conscience »
dans la tête, ce sont les cellules cérébrales
qui sont stimulées, ceci conduisant aux maux de tête,
à l'insomnie, à un sentiment de plénitude,
ou provoquant une vibration entre les yeux ou au sommet de la
tête. Quelquefois, il y a l'impression d'une lumière
éblouissante, semblable à un éclair brusque
perçu les yeux fermés, dans l'obscurité comme
à la lumière.
Lorsque
c'est le cas, la période de méditation devra être
réduite à cinq minutes, ou la méditation
se fera en alternant tous les jours, jusqu'à ce que les
cellules cérébrales se soient ajustées au
nouveau rythme et à l'accroissement de stimulation. Il
n'y a pas lieu de s'inquiéter si l'on emploie un jugement
sage.
Chez
les individus émotifs , le trouble est d'abord perçu
dans la région du plexus solaire. L'élève
se trouve disposé à l'irritation, à l'anxiété,
au tourment et (particulièrement dans le cas des femmes)
il y a une propension aux larmes. Parfois, il y a une tendance
aux nausées car il y a une relation entre la nature émotive
et l'estomac, comme le prouvent les vomissements après
les chocs, les peurs, les émotions intenses. Les mêmes
règles que précédemment sont applicables :
bon sens, exercice ralenti et prudent du processus de la méditation.
Trop
grande sensibilité
Un
autre résultat de la stimulation peut être mentionné :
les gens se découvrent exagérément sensitifs.
Les sens travaillent avec excès et leurs réactions
sont plus vives. Il « prennent sur eux »
les état physiques et psychiques de ceux avec lesquels
ils vivent ; ils se trouvent « ouverts »
aux pensées, aux dispositions des autres.
La
cure est dans ce cas n'est pas de raccourcir la durée de
la méditation (elle devra être continuée selon
le programme), mais de s'intéresser à la vie d'une
façon plus intellectuelle, de s'occuper du monde mental
ou de tout sujet tendant à développer l'aptitude
mentale... Une attention concentrée sur la vie et ses problèmes,
une puissante occupation intellectuelle effectueront la cure.
Un développement général est toujours nécessaire
et un intellect cultivé devrait toujours accompagner la
croissance spirituelle.
Idem,
pp. 162/164
La
stimulation sexuelle
Beaucoup
de gens, et en particulier les hommes, découvrent que leur
nature animale a besoin d'attention lorsqu'ils commencent à
méditer. Ils découvrent en eux-mêmes des désirs
incontrôlés, et, de plus, des effets psychologiques
qui leur causent des troubles aigus et du découragement.
Une personne peut avoir une haute aspiration et une tendance accentuée
vers la vie spirituelle et, cependant, avoir encore des aspects
de sa nature incontrôlés.
L'énergie
qui se déverse au cours de la méditation passe à
travers tout le mécanisme et stimule le système
sexuel entier. Le point faible est toujours découvert et
stimulé. Le remède à cette situation peut
se résumer ainsi : contrôle de la pensée
(de la vie mentale) et transmutation.
L'enseignement
oriental nous dit que l'énergie généralement
employée au fonctionnement de la vie sexuelle doit être
dirigée vers la tête et la gorge, cette dernière
en particulier, car elle est, dit-on, le centre du travail créateur.
Pour exprimer ceci en termes occidentaux, cela signifie que nous
devons apprendre à transmuer l'énergie dans la procréation
ou les pensées sexuelles et l'employer à quelque
travail littéraire, artistique ou dans une expression quelconque
d'activité de groupe.
La
transmutation n'est sûrement pas la mort d'une activité
ou la cessation d'une fonction sur le plan de conscience, au profit
d'un plan supérieur. C'est l'utilisation appropriée
des divers aspects de l'énergie là où le
Soi sent qu'ils devraient être employés en vue de
la réalisation des fins de l'évolution.
L'aspirant
à la vie spirituelle se conforme, non seulement aux lois
du royaume spirituel, mais aussi aux coutumes de son époque.
Par conséquent, il régularise son existence physique
afin que l'homme de la rue reconnaisse la moralité et la
rectitude de sa présentation au monde. Au foyer, cela sera
basé sur une véritable et heureuse relation entre
homme et femme, sur une confiance mutuelle, sur une coopération
et une compréhension réciproque, une relation dans
laquelle les principes de la vie spirituelle sont appliqués ;
c'est là une des aides les plus puissantes qui puissent
être apportée au monde, actuellement.
Idem,
pp. 165/166
Méditation
sur les centres
Il
est bon aussi de faire allusion aux dangers courus par un grand
nombre de personnes qui répondent aux appels de maîtres
enseignant une technique particulière du développement
spirituel. On leur apprend à méditer sur certains
centres, généralement le plexus solaire, quelquefois
le cœur, et assez curieusement, jamais la tête.
La méditation sur un centre est basé sur le principe
suivant lequel l'énergie suit la pensée ; elle
aboutit à la stimulation directe de ce centre et à
la démonstration des caractéristiques particulières
dont ces centres, dispersés dans tout le corps, sont responsables.
Comme la majorité des gens fonctionnent principalement
grâce aux énergies rassemblées au-dessous
du diaphragme (les énergies sexuelles et émotives)
leur stimulation est dangereuse.
En
raison de ceci, pourquoi courir le risque ? Pourquoi ne pas
apprendre à vivre, en tant qu'homme spirituel, du point
décrit par les Orientaux « Le Trône entre
les sourcils » et de là, dominer les aspects
de la nature inférieure et guider la vie de chaque jour
dans les voies de Dieu ?
Idem,
pp. 166
La
nécessité de bon sens
Les
dangers de la méditation sont largement les dangers de
nos vertus et en cela réside beaucoup la difficulté.
Elles sont en grande partie les dangers d'un concept affiné
qui dépasse la capacité des véhicules inférieurs,
spécialement du physique dense. Il est bon de mettre en
évidence la nécessité absolue pour l'étudiant
occulte, de posséder un énergique bon sens comme
qualité fondamentale, associée avec un sens heureux
des proportions, qui mène à une juste prudence et
à une approximation de la méthode nécessaire
au besoin immédiat. Il est recommandé, à
tout homme qui entreprend de tout cœur le processus de la
méditation occulte :
a)
Connais-toi, toi-même.
b)
Procède lentement et avec prudence.
c)
Etudie les effets.
d)
Cultive la perception que l'éternité est longue
et que ce qui est lentement édifié demeure à
jamais.
e)
Aspire à la régularité.
f)
Comprends toujours que les véritables effets spirituels
sont reconnus dans la vie exotérique de service.
g)
Souviens-toi également que les phénomènes
psychiques n'indiquent pas un succès découlant de
la méditation.
Le
monde verra les effets et sera un meilleur juge que l'étudiant
lui-même. Par dessus tout, le Maître saura, car les
résultats sur les niveaux causals Lui apparaîtront
longtemps avant que l'homme lui-même ne soit conscient du
moindre progrès.
Lettres
sur la Méditation Occulte, pp. 107/8
|